Les soeurs Boulay: la vague et la grand’ route

La vague d’amour à l’endroit des sœurs Mélanie et Stéphanie Boulay est déjà très grande. Et leur disque Le poids des confettis ne paraît que demain, mardi, c’est dire l’attrait qu’elles ont eu sur les journalistes, animateurs, blogueurs. Et je les comprends très bien. Moi qui m’emballe généralement peu, je suis charmé par le disque.

Sur le mini album des sœurs Boulay paru l’an dernier, c’était dur de mettre le doigt sur le pourquoi du comment de ce qui me faisait vibrer en écoutant leurs chansons folk simplissimes. Il n’y avait presque rien dans les arrangements. Pas de batterie, pas de basse, juste deux filles qui chantent comme ç’a pas de bon sens et une guitare ou un ukulélé. Mais ça marchait, sans que je sache trop pourquoi.

Sur Le poids des confettis, on retrouve presque le même esprit, avec quelques touches d’arrangements ici et là. Une guitare électrique discrète ici, des cordes qui passent en coup de vent, un mélodica, un bass-drum sur Cul de sac, une bouteille de Grand Marnier qui sert de percu sur Lola en confiture. That’s it ou presque. Et ça marche encore. Et ça marche encore plus.

Et avec 13 chansons, dont 4 étaient sur le EP, il y a plus de matériel pour comprendre ce qui me fait aimer ça. En fait j’apprécie énormément la simplicité de leur proposition musicale. J’ai toujours été un fan de mélodies, et là c’est pile ce qu’on a. J’aime la guitare, et on en a en masse ici. Et j’apprécie beaucoup le choix des sœurs et du réalisateur Philippe B de ne pas avoir plongé dans le style Nashville, avec ben du beurre pis du zing-e-ling. C’est pas ce qu’il fallait à ses textes-là.

Ces textes, justement, sont impressionnants. Il y a deux chansons de Stéphane Lafleur d’Avec pas d’casque, mais si on ne le sait pas, c’est pas simple de les trouver. Mélanie et Stéphanie écrivent toutes les deux, et leurs chansons ont cette force : elles ne peuvent venir que d’elles, mais elles nous interpellent quand même.

Ça fait 10 ou 12 fois que j’écoute le disque, et à chaque fois y’a une phrase qui ressort. À chaque fois j’ai l’impression de les connaître mieux. Et je découvre des filles qui sortent un peu du lot, qu’on ne retrouve pas beaucoup dans la chanson d’aujourd’hui.

Ce sont des filles de la Gaspésie. Qui vont conduire le ski-doo si le gars est pas capable (j’ai chauffé un ski-doo deux fois pis la première fois je l’ai calé. Mais c’était un vieux jaune, là, ça compte pas. Hein?) Des filles qui tirent du 12. Qui ont un char et qui conduisent pendant que le garçon dort à côté, et pas l’inverse. Des filles qui boivent du fort, qui ne sont pas impressionnées pas les dudes cool du Plateau (je suis de Rosemont). Des filles qui oscillent entre les histoires d’amour, de rupture et d’ami moderne, pas tant parce que c’est ce qu’elles veulent, mais parce que, ben maudit, c’est aussi ça la vie.

Un moment donné j’ai douté. Je me suis dit que ça devenait un peu long, redondant comme disque. Et c’est vrai que je pense que la formule a ses limites. Elles feraient un 2e disque comme ça? Je me suis dis que je me laissais porter par la vague, c’est facile se laisser porter par la vague. Mais je l’ai mis dans la voiture l’autre jour (c’est moi qui conduisait, gna gna) après avoir écouté le Amercian Recording 3 de Johnny Cash, et pis chaque toune des sœurs Boulay ou presque rentrait au poste, trouvait son chemin jusqu’à la pompe à jus de betteraves. Et quand le disque s’est terminé, pratiquement en arrivant à destination, j’ai laissé 4 ou 5 secondes de silence s’écouler. Bon dieu c’était bon.

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