GAMIQ: unanimité de façade?

Déjà propulsée dans les hautes sphères de la musique québécoise, Lisa LeBlanc a reçu hier soir l’assentiment de la scène alternative, lors du GAMIQ, le gala de l’alternative musicale indépendante du Québec. L’Acadienne a reçu trois statuettes, dont deux pour des prix de « carrière »: Artiste de l’année, Révélation de l’année et Chanson de l’année, pour Aujourd’hui ma vie c’est de la marde. Des prix mérités, à mon avis.

Mais déjà, à la fin de la soirée, l’enthousiasme de la foule — composée en grande partie de membres de l’industrie de la scène locale –, s’était écaillé. Quand elle a été nommée Artiste de l’année, LeBlanc, absente, a reçu des applaudissements timides, voire quelques bouuuh.  »Bon, encore elle », décodait-on. Déjà trop connue pour le GAMIQ? La question était déjà posée avant le début de la soirée. On peut tergiverser longtemps sur le sujet, mais les règles du gala étaient établies, et ont été suivies, même si cela amène quelques dissensions.

Si on creuse un peu, on voit que les trois prix de Lisa LeBlanc sont dans des catégories où le public pouvait voter. On peut aussi noter que dans la catégorie Country, le jury de l’industrie a choisi Canailles comme gagnant, un choix qui se défend tout à fait.

Bref, est-on en train de reproduire ce que l’on n’aime pas de l’ADISQ? On discrédite les catégories populaires et on préfère les catégories davantage choisies par le milieu musical « érudit »? Lisa LeBlanc était-elle l’Isabelle Boulay du GAMIQ? Bon, j’exagère, mais quand même. On n’aime pas trop l’ombre de ceux qui ont les voiles bien gonflées.

Deux prix pour Avec pas d’casque

La preuve par l’inverse se fait peut-être en observant la réaction enthousiaste de la foule quand Avec pas d’casque a été nommé gagnant hier soir, et deux fois plutôt qu’une, dans la catégorie Folk et dans Auteur-compositeur de l’année. Que des bravos, on ne peut être contre la vertu, quoi. Et puis ils ne sont pas allés à Tout le monde en parle, hein, ça reste dans la bande.

À mon humble avis, la scène devrait être contente de toute percée d’artistes. Faire la fine bouche c’est ne pas voir le portrait dans son ensemble. Amenez-en des locomotives, des défricheurs, ça crée de l’espace derrière et devant, ça pousse un peu les directeurs musicaux des radios FM, ça attire des auditeurs et des spectateurs. À court terme c’est peut-être frustrant, mais je crois qu’à moyen terme, c’est payant pour tout le monde.

D’autres prix

Bon, un peu de prix maintenant. Canailles a gagné un autre prix hier, pour le Spectacle de l’année, devançant entre autres Alaclair ensemble, qui malgré cinq nominations n’est reparti qu’avec le trophée d’album hip-hop de l’année.

Côté vidéoclip, c’est le joli travail de GPG pour Petite leçon de ténèbres, de Philippe B. qui a gagné. Le musicien réalisera par ailleurs le premier disque des Soeurs Boulay, qui hier soir ont remporté le prix de « Nouvel artiste au plus grand potentiel », un genre de pré-révélation.

Quelques anglos, encore une fois rarement présents dans la salle, ont gagné des prix. Yamantaka // Sonic Titan  a mérité le trophée rouge de l’Album expérimental, Grimes a gagné dans la catégorie Pop, et Half Moon Run a triomphé pour l’album Indie rock. Le groupe semble ne pas avoir apprécié le drapeau ironique d’Alaclair ensemble (l’unifolié inversé jaune et mauve), créant un mini brouhaha.

L’album électro de l’année a été celui d’aRTIST oF tHE yEAR, uP yOURS. Anonymus a gagné dans la catégorie Métal, Duchess Says dans la catégorie Punk, Les Dales Hawerchuk dans le Rock et Afrodizz dans le World.

Domlebo a animé la soirée avec l’éclectisme qu’on lui connait. Le concept des entrevues postremises de prix avait ses limites. Ce n’est pas tout le monde qui avait envie de répondre à des questions lancées à brûle-pourpoint, et il faut dire que les groupes n’avaient visiblement pas préparé grand discours.

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