Les sœurs Boulay triomphent aux Francouvertes

Crédit Michel Pinault

Après avoir été les meneuses lors des deux premières rondes de cette 16e édition des Francouvertes, les Sœurs Boulay n’ont pas fait mentir la logique hier soir au Club Soda en gagnant la grande finale du concours musical de la relève. Mélanie et Stéphanie Boulay ont gagné le grand prix de 10 000 $ ainsi que plusieurs invitations à des festivals du Québec et de l’étranger. Leur été sera chargé, c’est le moins qu’on puisse dire.

Cerises sur leur sundae, les deux chanteuses de New Richmond remportent également plusieurs prix pour l’impression, le matriçage et la distribution d’un disque, en plus de plusieurs commandites en visibilité et en diffusion, souvent le talon d’Achille des artistes de la relève.

Les Sœurs Boulay rejoignent Cholé Lacasse, Bernard Adamus, Ariel, La Patère rose, Damien Robitaille, Loco Locass et plusieurs autres dans la liste des gagnants du concours.
 
C’est Francis Faubert qui a brisé la glace, hier, avec sa guitare semi-acoustique d’un brun boisé. Avec lui sur la vaste scène du Club Soda, il y avait quand même sept musiciens, dont deux cuivres et un contrebassiste. Ça éclatait dans les moments plus dynamiques, ça grondait doucement dans les sections feutrées.

Comme pour briser son moule, Faubert a rapidement offert une nouvelle chanson, Moonlight Lady, moins folk bringuebalant et davantage jazzé. Il a par la suite replongé dans son sillon, présentant ses pièces à coup d’histoires courtes et personnelles, que les fidèles des Francouvertes 2012 ont reconnues. Le temps de quelques chansons, Faubert a été accompagné au chant par Myëlle, sa douce moitié, que l’on a par ailleurs déjà vue sur scène avec le groupe Galaxie.

 «Tu pleures-tu?»

Les Soeurs Boulay, qui ont suivi sur la scène du Club Soda, ont montré une formule très douce, en contraste avec Faubert qui les a précédées et Gazoline qui allait suivre. Les deux chanteuses utilisent un unique micro commun pour propulser leurs douces balades toutes en harmonies vocales. Le son était toutefois un peu loin dans les haut-parleurs, mais leur touche comique, touchante et naïve restait plutôt intacte.
 
Les deux jeunes femmes ont fait montre d’une belle complicité sur scène. «Tu pleures-tu?», a dit Stéphanie à sa frangine en essuyant le coin de son oeil. «Oui, mais de joie!», a soufflé Mélanie. Leurs histoires semblaient plus improvisées que celles de Faubert, mais gagnaient en vérité. Leurs pièces Mappemonde et Où la vague se mêle à la grand’ route auront marqué des points. La foule a été très attentive à leur doux son, fait souvent d’une simple guitare ou d’un banjo. 
 
C’est tout en rock et en manteau de cuir que la finale des Francouvertes s’est terminée avec le trio Gazoline. Formé de trois jeunes musiciens du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le groupe a bien joué leur jeu, à coup de moues, de refrains efficaces et de riffs bruyants, hybrides de vieux sons punk et de rock FM des années 1990. Le résultat est peu original, laissant bien de l’espace pour les «hou hou», les «han-han-han» et les textes adolescents. Mais Gazoline a eu l’avantage de brasser de l’air après une soirée plus en nuances.
 
Le trio s’est amusé à travers ses courtes présentations, lâchant des phrases comme «vous nous connaissez peut-être sous le nom des Petits criss des Francouvertes», se moquant de leur statut de négligé, ou en vantant «l’accent latin du Saguenay» d’un de leurs derniers morceaux. Ça ne s’invente pas.
 
Comme le veut la méthode aux Francouvertes, le gagnant a été choisi à part égale par le public présent et un jury de l’industrie, différent de celui des rondes précédentes.

Les deux co-porte-parole de cette 16e édition des Francouvertes, Alex Nevsky et Stefie Shock, sont montés sur scène hier soir. Nevsky a offert quelques titres de son premier disque ainsi qu’une nouveauté, alors que Shock était en mode DJ lors de l’attente des résultats.

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