Retailles d’entrevue: Avec pas d’casque

Le groupe Avec pas d’casque a fait paraître cette semaine son 4e disque, Astronomie. C’est avec un long EP éponyme et brouillon qu’on les avait découverts en 2004, avant de les suivre avec Trois chaudières de sang et Dans la nature jusqu’au cou. Pour ce nouvel album, le groupe devenu quatuor a élargi son spectre sonore, et s’oblige moins à faire sourire. Vous avez lu l’article, voici les retailles d’entrevue, avec le chanteur et parolier Stéphane Lafleur.

Sur l’initiation du nouveau membre, Mathieu Charbonneau

Mathieu est membre plus qu’honoraire, il est membre permanent, il a activement participé au disque, aux arrangements des cuivres. On a pas encore fait son initiation, à chaque situation délicate ou possiblement humiliante, on se retourne vers lui et on se dit que c’est peut-être le temps. On fait juste durer le plaisir, on ne veut pas qu’il prenne sa place trop pour acquis! Ahahah!

Sur les nouvelles structures des chansons

Deux colleys, ça ne se joue pas tout seul. Veiller le feu c’est pas intéressant comme ça. Astronomie on oublie ça. Talent tout seul c’est autre chose. C’est un bon exemple de chanson avec laquelle je suis arrivé, et qui durait 2 minutes. Et une fois que le band embarque, elle en dure 4. L’espace supplémentaire, c’est pas pour étirer la toune, c’est le spectre sonore qui s’élargit. Sur une toune comme Deux colleys, j’avais juste un paragraphe, et je me battais pour étirer le texte. Nicolas (Moussette) m’a dit : « je pense que c’st ça la toune, je pense qu’elle est finie. » Et oups, y’a tout un pont musical qui s’est bâti avec Mathieu et Nicolas. Ça, s’était pas possible avant. Par limite de musiciens, parce que je suis pas un soliste, parce que ci et ça. Ça ouvre de nouvelles portes.

Sur la promotion, à la télé disons

Il y a des affaires dans lesquelles on est moins à l’aise, comme des captations télé. C’est pas du gauchisme, on est pas contre le système, mais on n’est pas confortable dans ça, où il faut que du commence à telle seconde et que tu finisses à telle seconde. Il y a une rigidité là-dedans et on n’a pas vraiment de fun à aller faire ça, et on essaie de l’éviter le plus possible. En même temps on essaie de rendre l’effort des gens, de la compagnie de disques entre autres, qui nous pousse et qui fait des efforts. Et le but de se band-là est d’avoir du plaisir, et le plaisir augmente avec le public. Pas que le nombre, mais la qualité du public.

Sur le dilemme de la douceur

Est-ce que tu mets des tounes qui s’écoutent bien à la maison et qui dérangent pas, ou tu fais un disque en dents de scie avec des tounes up tempo. Faire un disque juste de tounes tranquilles, c’est dur parce qu’il faut aller les défendre après. Mais après plusieurs albums, tu peux te le permettre parce que tu peux aller piger dans le vieux stock pour la scène. On est presque rendu là.

Sur le voyage, les avions, sur Mirabel

Y’a le fait d’habiter dans Villeray. Philippe B m’a volé ma ligne un peu avant! Quand j’ai entendu son album, j’’ai fait « Arrgl! » Je pouvais plus nommer Villeray. Pas sûr que je l’aurais fait au bout du compte, mais bon! Mais c’est vrai que je me suis promené pas mal cette année. Faut que j’aille planter quelques sapins pour rembourser mes kilomètres de carbone. J’ai une petite pépinière à me partir. Mais je vais t’avouer que comme mes déplacements sont motivés par une autre sphère de ma vie (ndlr: le cinéma), ça m’influence pas tant que ça. Astronomie ne parle pas beaucoup de l’étranger, c’est même assez proche. Pour moi, Défrichage, c’est très Québec, le passage entre nos grands-parents pis nous autres, entre des défricheurs et des bâtisseurs et puis nous autres, qui avons juste à allumer la switch à on pour que la lumière s’allume.

Sur l’écriture pour d’autres artistes

Je l’ai fait juste deux fois, avec Tricot Machine et Fanny Bloom. Mais je ne fais jamais de promesses. J’ai eu des rencontres avec des gens, et ça n’a rien donné. Ou j’ai offert un texte à quelqu’un qui me l’avait demandé, et qui me l’a refusé. C’est un petit coup de canif, mais c’est correct, cette personne-là n’était pas à l’aise de chanter ce que je lui proposais. Ma façon d’écrire, ça ne marche pas avec tout le monde. Le choix des mots peut ne pas fitter dans leur bouche. On a tous assisté à des reprises de chansons qu’on adore où tu te dis que l’interprète n’a rien compris de la chanson. Le niveau de langage fait partie de la chanson. Et des fois ça ne marche plus. Mais se faire demander, c’est très flatteur. Généralement, faut que ça se passe dans les 48 heures suivant la demande, il faut qu’il y ait au moins un élément déclencheur rapidement.

Sur l’esprit moins comique d’Astronomie

Si je me rapporte à nos débuts, c’était plus cabotin, y’avait plus de jokes. Même le nom du groupe. À la limite, le nom nous nuit beaucoup, ça a l’air d’un groupe d’humour. Là on dirait qu’on a fait un album plus mature — j’haï cette expression-là!! Mais c’est l’idée d’assumer plus des idées et certaines émotions. Et c’est beaucoup grâce aux gens qui sont venus nous voir en show. J’espère qu’ils vont suivre, et qu’ils diront pas que c’était mieux quand on déconnait et qu’on faisait des tounes comme J’vais te casser tes lunettes Harry Potter (sur le premier EP). Jesuis rendu ailleurs, et je ne retournerai pas là.

Taggé avec: , , , , , , ,

Laisser une réponse