Fanny Bloom – Le baptême du feu d’une apprentie guerrière

Fanny Bloom lançait hier son 1er disque solo, quelques jours après avoir mis en ligne un premier clip. Entrevue avec la chanteuse.

«Je reviendrai tachée de cendre / Braise vivante pour te brûler / Ligne de glaise sur tes paupières / Apprentie guerrière démaquillée». Après des mois difficiles où tout lui glissait sous les pieds, Fanny Bloom, la chanteuse de la défunte formation La Patère rose, a brandi les armes, ébouriffé ses cheveux et sorti sa plume et son piano. En résulte un disque solo vengeur et cathartique où la jeune femme plonge davantage dans ses zones d’ombres.

C’est avec le trio La Patère rose que Fanny Bloom s’est fait connaître en 2008, lors des Francouvertes, puis avec un disque solo qui les mènera jusqu’à faire neuf premières parties du pétillant Britannique Mika en France. Mais à l’automne 2010, les deux acolytes de la chanteuse ont décidé de se concentrer sur leur autre groupe commun, Misteur Valaire, ce qui mènera à l’annonce officielle de la séparation du groupe au mois de mai dernier.

Pour Fanny Bloom, Apprentie guerrière, ce premier disque signé de son nom, parle autant des ruptures professionnelles que personnelles qu’elle a vécues. «C’était un moment de ma vie où tout foutait le camp. Je me suis retrouvée un peu perdue, tout était prétexte à devenir un ennemi à ce moment-là. Je me sentais attaquée, j’étais pas là. Ça m’a inspiré des trucs de guerre.»

Bloom ne propose tout de même pas un disque militaire, mais révèle une autre facette que celle dévoilée avec La Patère rose. Là où elle rebondissait, elle ancre maintenant ses pieds dans la terre meuble du terrain de bataille, non sans laisser un peu de soleil traverser les nuages. Du clair obscur. «Ce qui était important pour moi, c’était d’aller chercher des beats, quelque chose de plus lourd, sans envolée de batterie. Je ne voulais plus de frivolité, je voulais que ce soit sombre. Je voulais que ce soit plus… sérieux.»

Sur les 12 titres d’Apprentie guerrière s’entremêlent les textures organiques et synthétiques. On passe du clavier quasi kitsch au bon vieux piano. Un mélange entre du Bon Iver davantage tribal et du Lykke Li plus électro. Pour créer son univers, la chanteuse a travaillé en étroite collaboration avec le musicien et réalisateur Étienne Dupuis-Cloutier, qui avait déjà réalisé le EP de La Patère rose, Waikiki.

«Beaucoup de chansons sont nées du piano en fait, dit Fanny Bloom. C’est mon instrument de prédilection, et je tenais à ce qu’il y ait beaucoup de ça dans le disque. Et c’est là qu’Étienne a été bon, en l’enlevant à certains moments pour faire place à d’autres arrangements. Mais ce mélange de piano et d’électro est tellement à l’intérieur d’Étienne et moi que ça n’a vraiment pas été un obstacle.»

Pour la pièce-titre Apprentie guerrière, Fanny Bloom a fait appel au talent de Stéphane Lafleur, parolier du groupe Avec pas d’casque et aussi cinéaste (En terrains connus, Continental). C’est d’ailleurs la première fois que Fanny Bloom enregistre les mots des autres, «sauf ceux de Baudelaire!» rigole-t-elle en référence au titre Les deux bonnes soeurs, première pièce du disque de La Patère rose. «Ça sonne bien, hein?!»

«Je suis une fan finie d’Avec pas d’casque, renchérit-elle. Il n’y a pas de meilleurs textes qui se font en ce moment. Je suis vraiment en amour avec la poésie de Stéphane Lafleur. On s’est rencontré, on a passé l’après-midi à jaser de nos vies respectives. Deux semaines plus tard, il avait écrit ce texte-là à la lueur de nos discussions. Et il a mis le doigt dessus avec l’idée d’Apprentie guerrière. C’est comme si quelqu’un m’avait baptisée comme ça!» Un baptême du feu, en quelque sorte.

Fanny Bloom /// Parfait parfait [vidéoclip officiel] from Dare To Care Records on Vimeo.

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