La popularité grandissante de Bandcamp

En naviguant de près ou de loin dans les environs de la musique émergente, on se rend compte que depuis plusieurs mois, le site d’écoute et de vente de musique en ligne Bandcamp prend du galon. C’était en 2008 quelque chose d’un peu expérimental, mais c’est devenu un quasi incontournable pour les artistes indépendants — et même pour quelques autres déjà signés sur des majors.

Les raisons du succès grandissant de Bandcamp? Elles sont multiples : simplicité d’utilisation, stabilité, flexibilité, faible coût, statistiques riches, et j’en passe.

Autant pour les artistes que pour les internautes, c’est vrai que Bandcamp est beau, propre, rapide, simple, stable. À des kilomètres de MySpace, pour qui j’ai développé une haine au fil des mois. Il faut être honnête, MySpace a eu un rôle immense pour plusieurs groupes et artistes. Tout le monde devait avoir une page MySpace. Devait ou doit? « C’est encore le cas, mais on verra dans un an« , raconte Laurie Boisvert, directrice de l’étiquette Dare to Care et de sa soeurette Grosse Boîte.

Le label a récemment créé des comptes Bandcamp individuels pour ses artistes, dont Jimmy Hunt, qui a pas mal utilisé le site pour la promotion de son premier disque solo. « C’est pas vraiment un outil pour les labels, parce qu’il faut créer un compte individuel pour chaque artiste, précise Laurie Boisvert. Mais Bandcamp a une formule vraiment intéressante. »

Des avantages concrets

Grosso modo, Bandcamp permet l’écoute complète des albums mis en ligne par les artistes, et ce, avec une qualité sonore bien acceptable de 128 kbps. Vous avez aussi la possibilité d’acheter les chansons à la pièce, ou en bloc. Le site permet aux artistes d’intégrer dans les fichiers albums les paroles, mais aussi n’importe quel fichier: un PDF, un vidéo, des photos, sky is the limit. Aussi, pour les audiophiles, une panoplie de formats sonores sont proposés: MP3 320 kbps, FLAC, AAC, Ogg Vorbis…

Vous avouerez qu’on est loin de MySpace, et qu’on a davantage affaire à un magasin iTunes, en moins castrant. D’ailleurs, c’est une des raisons pour laquelle de plus en plus de groupes émergents sont sur Bandcamp: ça coûte cher, vendre sur iTunes. Combien?  Shanti Loiselle, de chez Iconoclaste, raconte: « La part des ventes que prend iTunes, c’est 40 %. Et en plus, pour feeder iTunes, tu dois avoir un gros catalogue. Donc il faut passer par un intermédiaire en tant qu’artiste. Si t’as un label qui fait directement affaire avec iTunes c’est réglé, si t’en a pas y’a plein de sites comme Reverbnation, qui sont des agrégateurs. Eux aussi se prennent une part. On s’entend qu’il ne reste plus grand-chose à la fin. »

Sur Bandcamp, les artistes voient depuis quelques temps Bandcamp retrancher 15 % des ventes, et aucun agrégateur n’est nécessaire. Une bonne affaire, selon plusieurs. D’autres précisent toutefois que dans les premiers temps du site, c’était même complètement gratuit, ce qui fait croire que Bandcamp pourrait encore changer ses règles, au déplaisir des artistes.

Votre prix?

Bandcamp permet aux artistes beaucoup de flexibilité dans les prix demandés aux internautes. Émilie Proulx offre jusqu’à aujourd’hui son dernier EP au prix que vous croyez le bon. Les Incendiaires donnent leur musique, tout comme L’Ours avec nous. D’autres la vende, tout simplement.

En plus des ventes numériques, Bandcamp permet aux indépendants de vendre des copies physiques de leurs oeuvres, raconte l’auteur-compositeur-interprète Vincent Blain, que l’on a entendu entre autres avec Le Husky et Navet Confit mais qui a mis les pièces de son projet personnel, L’Indice, sur Bandcamp. «On reçoit un courriel avec les informations de vente, et on n’a qu’à mettre notre disque dans une enveloppe et courir à la boîte aux lettres!» Voilà qui saura plaire aux mélomanes un tant soit peu éclectiques qui vivent en dehors de Montréal ou de Québec.

Des statistiques

Pour les artistes, le boutte de la marde avec Bandcamp, c’est son engin statistique. « C’est super détaillé, vraiment plus que ceux de MySpace, raconte Shanti Loiselle. Sur Bandcamp,  tu as vraiment le nombre de plays, sur 60 jours, 30 jours, où un jour en particulier, pour voir les effets d’une campagne promo, par exemple. Et tu peux savoir quel pourcentage de ces écoutes-là ont été totales, partielles, ou sautées… C’est vraiment clair si quelqu’un écoute ou pas au complet. Tu peux repérer quelle chanson a attiré les gens plus longtemps. Si t’as une toune qui est manifestement toujours skippée, ça permet de te poser des questions. De voir l’effet de tes chansons sur les gens. »

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6 Commentaires

  1. Ici, chez Poulet Neige, c’est un de nos outils favoris.

    Il permet à tous la découverte de nos groupes, et ce, gratuitement en l’échange d’un courriel.
    Ensuite, il permet de donner la chance à ceux qui aiment notre musique de faire une contribution volontaire, et de ne pas être coincé avec le 9,99$ d’iTunes ou le 15.99$­ de Québécor.

    Le tout dans un design simple et épuré que nous adorons.

    Le plus génial, c’est l’automatisation de l’inclusion des « tags » dans les fichiers numériques.
    Tu n’as qu’à glisser l’album dans itunes ou Windows Média Player et tout est inscrit correctement, pochette incluse.

    Avec l’ajout récent de la possibilité de vendre des objets physiques, l’obligation de se fabriquer une boutique maison en ligne devient de moins en moins pertinente.

    Finalement, juste le fait de ne pas donner 30% à Apple pour acheter ou vendre de la musique, calîne que ça fait du bien.

    Que du bon pour les producteurs indépendantes de musique,

    Phil

  2. De plus, ça permet de découvrir des dizaines d’artistes.

    Juste à faire une recherche dans google « Bandcamp québec » à cliquer sur « newness » et à chaque jours il y en a pour tout les gouts. Autant des albums qui viennent de sortir que des artistes qui avaient déjà sortis leur album, mais qui viennent de tout mettre en ligne.

    http://www.alexturcotte.com/2010/11/bandcamp/

    ET ON PEUT TOUT ÉCOUTER AVANT D’ACHETER ! (C’est magnifique)

    Alex.

  3. Bonne méthode pour rester à jour, Alexandre!
    Aussi ils ont aussi un ton vraiment pas sérieux. Dans les FAQ, par exemple, ils font une grosse joke pas rapport entre deux questions sérieuses. http://bandcamp.com/faq#sam. Moi ça me plaît.

  4. C’est vrai! c’est rafraichissant. Ça donne plus l’impression de : regarder comment on ce fait du fun dans notre sous-sol en travaillant la-dessus. Au lieu de s’emmerder dans une tour à bureau.

    De plus, c’est un work-in-progress comme tu le souligne, alors espérons qu’il progressera pour le mieux des artistes et des consommateurs.

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